Yves Lesaffre - La Marie-Jeanne de mon village.

La Marie-Jeanne de mon village.

 

 

 

Dans les resserres de mes souvenirs,

et aujourd'hui encore, invisible,

dans la quiétude de l' église déserte,

elle était là, sous les voûtes sombres.

Et, si près que je fusse,

je n' entendais son souffle.



Un peu tendue, doigts rivés aux claviers,

elle s' offrait aux caprices de Bach.

La musique vint à moi, forte et divine,

elle, regardait au loin, sage et rêveuse.

Et, si près que je fusse,

je ne vis dans son coeur.



Je glissais alors, hors de sa musique,

songeais à sa vie...En avait-elle eu ?

La musique l' avait prise, une esclave,

un forçat, enfermée, à jamais seule.

Et si près que je fusse,

je n' osai m' approcher.



Dans un rêve pourtant, j' arrivai près d' elle,

sans m' émouvoir, partager la banquette,

tourner les pages et sans froisser sa pudeur,

applaudir d' un regard, aimer sans bruit.

Et, si près que je fusse,

seule la musique resta.



 

 

 

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Tous droits réservés

© Yves Lesaffre

 

Extrait de "De prose et de satin" The bookEdition.com

http://www.thebookedition.com/de-prose-et-de-satin-de-yves-lesaffre-p-85903.html

 

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http://ylesaffre.wix.com/mes-livres

 

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