Yves Lesaffre - Mademoiselle Louise

Mademoiselle Louise

 

 

564286 3608886993258 143109227 n

 

 

 

Elle était demoiselle, Louise ...

Sa chevelure haut remontée,

un peu raide, un peu farouche,

des rides profondes se creusaient,

traitresses, sur son front d' ingénue.



Elle était demoiselle, disais-je...

A l' image de ces élégiaques,

actrices du passé, de vieux films :

voilette enfouissant les larmes,

d' un adieu, aux portières d' un train.



Là, un dernier signe de la main,

au bout d' un quai, dernier baiser,

parti, il sera le dernier.

Elle prenait ce pauvre air de bête,

qu'on menace, que l' on abandonne.



Ce caprice de la providence,

si obscur, l' avait désigné.

Il était parti...ou enfui ?

A l' amour, s' était accrochée,

aux doutes, n' avait pas résisté.



Jamais, elle ne voulu apprendre,

le plaisir, valse à quatre mains,

la chair et le péché charnel.

Son amour, devait-être pur,

un homme, l' amour et il suffit.



Alors elle s' était enfermée,

dans une vie morne, avec maman,

lui prodiguait ses bons soins, sûre,

d' accomplir son devoir, pourtant,

renonçant à sa propre vie.



Au hasard des dimanches, parfois,

je croisais son chemin, elle,

regardait ailleurs, de biais, loin.

Il y avait, dans son visage,

cette grimace, à repousser.



Sur ses lèvres, minces et pincées,

dans son regard absent, ses gestes,

comme une vie que l' on creuse, une terre,

brulée, désertée, à pleurer.

Un amour arrêté, si loin.



Un jour, je la croisai encore,

elle, fuyante, affolée, me dit,

pour excuser ses yeux mouillés :

" Non, ce n' est rien, je vous assure..."

Moi, je n' avais rien remarqué.



Elle, pas plus triste qu' à l' ordinaire,

allait, dans son habit de grise,

femme secrète et insipide,

fondue dans l' ombre des allées.

Son chagrin m' avait échappé.



Je me demandais, devant-elle,

la saveur de sa bouche,

qui m' offrit un sourire gêné.

Mais ses yeux évitaient les miens.

Fuir ! ne pas risquer de souffrir...



Je la regardais s' éloigner,

rentrer chez " maman", et, parler,

parler, pour qu'on la vît enfin,

parler, dénouer un regard,

comme pour exister, s' en convaincre.



La mère, bredouillait quelques mots,

s' obligeait, pour la rassurer,

se mettait en devoir d'aimer,

partager, la grande illusion,

l' amour, une mère en sait autant.



Elle allait sur son lit, rêver :

ses grands secrets d' amour, tournant,

comme des valses de Brahms,

à trois temps, trois fois rien, sa vie,

son destin, et sa solitude...



 

 

*          *

*

 

 

Tous droits réservés

© Yves Lesaffre 

 

Extrait de "De prose et de satin" The bookEdition.com

http://www.thebookedition.com/de-prose-et-de-satin-de-yves-lesaffre-p-85903.html

 

 

*

 

 

Pour découvrir son site d'auteur, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

http://ylesaffre.wix.com/mes-livres

 

*

 

 

 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. AlysonGqn (site web) 11/10/2017

http://buymodafinilonlineblog.bravesites.com/

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×