Thierry Tougeron - Sur l'île

Sur l'île

 

DEBUT

 

 

Il est arrivé dans sa barque bleue

les yeux cerclés couleur des oiseaux

les plumes assemblées,

rames pourfendre l'eau de sa profondeur

Il est arrivé chargé de ses mots doucereux

les jambes étalées, des échasses de héron frondeur

la tête engoncée d'étoiles sous la peau.

 

Il est arrivé sur l’île de la découverte

 

 

INTERLUDE

 

L'air l'a surpris

Plus que dans l'air marin

Le vent l'a pris

Plus besoin de rien

A nu il s'est mis

Dans la paume d'une main

Qui lentement l'a appris

A lâcher prise l'air de rien

Et à l'attirer à lui

Nul stratagème n'avait besoin

Ce fut la fée

 

 

IMAGE

 

L'odeur portée, le vent sifflé, les pas débarqués

Une danseuse soufflait dans l'air

Et ses yeux sans cesse à scruter

Prenaient les tissus des flagrances, ses airs

Ventés de mots fort bien sculptés

Sur l’île une fée sans doute corsaire

Avait planté les graines de sa présence dispersée

Repartir se dit le poète pourquoi le faire?

Te trouver, te trouver, petite fée

De l'air

 

 

INTERLUDE

 

Aux pieds de l'île-fée

Le poète écoutait l'ère

Remué des vagues chamarrées

L'aire de l’île portait un désert

Peuplé de mirages de fée

S'approcher pour en ressentir les nerfs

S'éloigner pour mieux désirer

Au fond de l’île soudain elle apparaît

 

 

PAROLES

 

Que fais-tu petite fée

Sur cette île pour poupée?

Chut! je cherche toute la journée

De petites pierres de lune dispersées

Et qu'en fais-tu une fois trouvées?

Chut! je trace le chemin de l'été

Et guide ainsi mes pas à vibrer

Dans la blancheur dévoilée

Chut petite fée! Des mots apportés

Je peux graver sur ces petits rochers

En guise de vaste trépied

Qui t'aidera enfin à mieux avancer

 

 

INTERLUDE

 

Les mots t'ont-ils fée?

La fée t'a-t-elle île? L’île t'a-t-elle mot?

Les mots ont fait de l’île et de sa fée

Ce chemin de pierres de lune qui ne me défait

Dans lequel marcher une fête sans cesse est

Aux pieds des arbres cousins m'y poserait

La caresse du soir

Une main de mots

Vaste espoir

De chaleur des peaux

Enfin retrouvés, comme de nouveau nés

 

 

PAS DE FIN

 

Les mains de la fée

Frêles récifs émergents

Sur le poète sont posées

Au point des mots éclatants

J'ai faim dit la fée

J'ai faim dit le poète

Les mains et les mots se lièrent en silence

Dans la faim perpétuelle de cette évidence

 

 

*          *

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Tous droits réservés

Thierry Tougeron

 

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Commentaires (2)

1. AlysonPzc (site web) 11/10/2017

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2. Eve Zibelyne 14/02/2014

Habile jeu de mots pour se fondre en un, la faim en lien, c'est joli !

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