Thierry Tougeron - Glenn

Glenn

 

Un portique de notes, un souffle de lumière sortant des mains, l’erreur de Descartes, le règne de Spinoza et Kant qui écoute. Un animal bizarre se promène dans mon cerveau, il a des pattes, des attributs de mammifères mais il ne ressemble à rien de connu. Je ne peux le décrire avec des mots, il fuit dans les synapses, un énantiomère de la cocaïne, un dérivé de la morphine parfois, une mouche qui zézaye, un puceron qui vole sur une mer de joie, un brouillard de certitudes, des cérithes dans les yeux, du graphite sur les os, un marquage ambitieux, une canicule dans le cœur, le corps au sommet, une araignée suspendue sur une comète, une branche endormie en été, un coq qui fait les courses hippiques, une harmonie qui enchaîne les lettres, et le baiser interdit, la liberté sans cesse repoussée, les mélodies sur des chaînes nerveuses et le sommeil en souffrance.

 

Ne pas dormir, ne plus dormir, rester là et attendre, attendre sans cesse celle qui ne vient pas et qui part, attendre la pluie puis l’orage, attendre le retour au calme, retrouver la vie après l’attente. Elle est le charme et le poème, ma l’une à moi.

 

 

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Thierry Tougeron

 

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