Thierry Tougeron - Césure

Césure

 

« mon désir

ton désir

conjugués en un saut dans le vide

respiré »

Extrait d’Aimé Césaire, Batouque

 

Beau début pour une vie d’amour (un lancé bien accompagné et la vie est déjà finie, ai-je écrit). Déconjugués en une retenue dans le flot extrué.

Césaire a ouvert les voies des métaux, des végétaux, des sagaies, des pagaies, de la poésie à la machette sans cartes dans les manchettes. Césure des mots et des faits, têtus comme du papier mâché ou un morceau de Chopin qui ne s’arrête pas. Les notes semblent assoupies près du vide final mais le rebond orgasmique atteint les cochlées fragiles, les enclumes n’écrasent plus que les brumes de minuit, fondues aux parfums des suffocations diurnes qui recouvrent les âmes chagrines, apparues au hasard des tintements nébuleux, contractions de nuages gazeux, formant alors l’hypocentre des certitudes. La muse terrestre rejoint alors le poète sur son linceul cannibale, immaculé bientôt rempli du sang des mots… Ils n’avaient rien demandé, rien souhaité que répandre quelques menus bonheurs autour d’eux. Ces détails, je les vois tous aujourd’hui.


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Tous droits réservés

 Thierry Tougeron

 

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