Tom Pham Van Suu - L’Encre de Bohême

L’Encre de Bohême

 

 

On entend luire ce qui coule au rythme des papillons oranges :
C'est la nuit qui se déverse dans le ventre des mers
 
Les calendriers ainsi disposés
                                     Le long des rives
                                     Sur les seins dorés des berges
                                     Dans les bras des étoiles
                                     Perdus dans les nuits d’été
Surmontent les océans les passions les sommeils,
                                     Les rêves de juin.
 
La nuit ne jaillit pas dans les lacs impassibles
Il n'y a pas de jeunesse dans les rides des arbres
Il n'y a pas de poésie sans trouble
Il n'y a pas de poète sans double
Il n'y a pas de soleil lorsque la nuit s'allume
 
C'est ce qu'il pense qu'il pense qui s'agite
Loin les révoltes, loin les maîtresses !
Je le vois je le veux j'en rêve chaque soir :

Le calme du cosmos qui étire ses bras
Le calme des morts face aux vivants
Le calme des dieux face à la misère des hommes
 
Assis dans l'ombre humide du grand chêne
Les pieds luisants du verre fondu
Qui enveloppe les rivières
Le désert minuscule dans les mains
Il crache une source qui pénètre ses mains désertiques
 
C'est le poème qui lance un appel au soir :
 
L'indistinct confus se trouve une chemise ;
L'aurore a embrassé en entier les seins d’or de la nuit ;
Elle est partie en gémissant.
 
Il s'est crevé les yeux dans la lumière de l'encrier.


 

 

 

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Tous droits réservés

©Tom Pham Van Suu   

 

 

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