Mathieu La Manna - Trouble d'un décan

Trouble d'un décan

 

 

Vermeil de mes couleurs à la frontière de ma raison, ma fuite en moi-même plonge mes cadences métronomes sur le rythme de mon cœur. Trompette en tympan, raisonne en parallèle les écarts de ma conduite. Faillir dans ma résolution inonde le théâtre de  mes bonnes volontés. Mantra en guise de pourquoi sur le seuil de ma perte, je nourris l'amertume de mon angoisse sur un lit de regrets. Le "Qu'ai-je donc pour être ce que je suis? " martèle mes questionnements sur le fondement de mes croyances. Moi qui, siégeant sur mon granit noir, pestant la fausse assurance, sombre vers l'abîme de ma destinée non souhaitée.

 

Nuage vespéral en fouillis d'événements, je pige au hasard le ruissellement de ma déroute. Fragile dans le néant qui m'absorbe, je m'effondre en nappe d'huile sur l'océan méridien. Indésirable dans mon essence, je déteste ma nature profonde qui souille les étales de mes passages. Pluie de fautes sur le dos de ma personne esseulée, je n'aspire qu'à ma chute, qu'à ma fin...

 

Tertre en asile d'une terre à cueillir, je fonde ma nuit nouvelle sur les rives de mes vestiges. Ruines en abondances d'être, j'esquive le croquis de ce qui a été. Tri dans un amoncellement de "Qui suis-je vraiment?" caresse les doutes de ma personnalité. 

 

Poussière en proie de décanter sur mes réflexions, reflet en miroir sur une fissure dans le temps, je tamise les extraits sains du lot. Lutrin en symphonie de bon à préserver, je joue les premières notes de ma musique réelle. Clavier en corde sur un fond de cuivre à charmer, j'entends, je m'entends. Première dans une vie trop courte, je subis la foudre de ma beauté interne. Virtuose dans l'écoute d'une voix qui n'a toujours demandé qu'à chanter, je plane.

 

Curiosité dans l'absurdité de la situation, je fleuris pour un astre moribond d'un jour sur décroît sur son décan. Tristesse du passé, nourriture du présent en guise de futur à écrire, je mets en plan ma misère sur le lit de la bonne lecture. Remerciant, aux oreilles de la bonne entente, d'avoir mis sur le seuil de ma perte, une voie de bon sens, ouvrant l'univers de mes possibles.

 

Au final de mes réflexions à peine feutrées, je bois à l'antre d'une vie seconde dans la chance qui m'est offerte. Merci, lui ai-je susurré à l’orée de ma reconnaissance, Merci!

 

 

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Tous droits réservés

Mathieu La Manna

1er Avril 2014

 

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