Mathieu La Manna - Le Lapin hélicoptère

Le Lapin hélicoptère

 

 

 

L’histoire se déroule dans un petit village. Ce dernier était simple et magnifique. On y trouvait une belle forêt aux couleurs pastelles, c’est à cet endroit que les lapins allaient cueillir les couleurs servant à peindre les œufs de Pâques. Un peu plus au nord, il y avait la rivière brune d’où s’écoulait de la liqueur chocolatée. C’est d’ailleurs ici que l’on prenait le chocolat pour créer les célèbres cocos qui seraient distribués aux enfants. Tandis qu’au centre du village, l’endroit le plus joli de tout le village, lieu de merveilles, on trouve le jardin de Pâques. C’est au centre du jardin que l’on y trouvait l’arbre aux cocos. Oui, l’arbre aux cocos. Les œufs y poussaient comme les pommes dans pommier. Au printemps, ils étaient nombreux et tous étaient blancs et étincelants. Les cueilleurs les prenaient et les plaçaient dans des paniers répartis un peu partout dans le jardin.

 

Dans ce village amical, il y avait un petit lapin, tout petit, tout mimi qui vivait avec les autres lapins. Il était très gentil, tout gris avec un joli nez rose qui bougeait quand il souriait ! Il aimait jouer avec les poussins et les autres habitants du village de Pâques. De plus, ses oreilles étaient longues, vraiment longues, vraiment vraiment longues, tellement qu’elles touchaient le sol. Il était souvent obligé de les attacher au-dessus de sa tête pour ne pas marcher dessus.

 

Il n’était pas le seul lapin dans le village, non une foule de lapin y vivait aussi. Et tous avaient un travail, une fonction. Certains devaient peindre les œufs, d’autres versaient le fameux chocolat à l’intérieur tandis que la majorité d’entre eux veillaient à ce que rien n’arrive aux œufs de Pâques, bref c’était les protecteurs, les gardiens. Mais lui… n’avait rien à faire pour les aider… Ce n’est pas qu’il ne voulait pas, non bien au contraire. Il avait tout essayé, mais comment dire… il était quelque peu maladroit. Il avait tout d’abord tenté de peindre les œufs, mais il était nul en dessin alors il fut rapidement remercié dans l’atelier de peinture. Puis, dans l’usine à remplir les œufs avec le chocolat, gourmand et maladroit, il n’avait réussi qu’à soit tout manger ou encore renverser le chocolat partout sur le sol… Et il était hors de question qu’il travaille comme gardien, car ses oreilles étaient visibles de bien trop loin et le ralentissaient s’il avait à courir.

 

Ainsi, il était le seul lapin à ne pas pouvoir participer à la célébration de Pâques et cela l’attristait au plus haut point. Il se consolait avec les poussins et les autres animaux du village en jouant avec eux. Mais dans son cœur, il voulait tellement être avec les autres lapins et se sentir utile…

 

Un jour, alors que tous dormaient tranquillement dans le village, un vent fort souffla sur les habitants faisant ainsi voler les feuilles et fleurs de la forêt tout comme les œufs du jardin des merveilles, des œufs de Pâques. La panique s’empara de tous et on tentait de protéger les cocos en les emportant à l’abri du vent. C’est alors que du haut du ciel on vit arriver de gros nuages gris et noirs. Avec eux, la pluie commença à tomber du ciel accompagnée du tonnerre et d’éclairs. On ne savait plus quoi faire tant la tempête était forte. Puis, venu du ciel, un éclair jaune et blanc tomba directement sur l’arbre aux cocos et le feu commença à brûler quelques-unes de ses branches. Les lapins gardiens du jardin ne savaient plus quoi faire… Ils étaient désemparés et ne parvenaient pas à éteindre les flammes qui gagnaient de plus en plus en intensité.

 

Il fallait agir vite pour sauver le jardin et son arbre si majestueux, mais l’eau était rare et trop loin pour que l’on puisse y accéder rapidement. Notre petit lapin aussi voulait aider… mais que pouvait-il faire, lui qui était si maladroit. Il tenta de souffler sur les flammes pour les éteindre, mais tout cela ne faisait qu’empirer les choses. Il lança de la terre pour les mêmes raisons, mais peine perdue, c’était insuffisant, il fallait de l’eau et vite.

 

Il partit donc à la course avec des seaux vides pour les remplir et les vider sur l’incendie qui prenait de plus en plus d’ampleur. Il courait le plus rapidement possible, son cœur battait à vive allure et plusieurs fois il voulut s’arrêter pour reprendre son souffle, mais c’était enfin sa chance… La chance de se rendre utile auprès des siens. Il se voyait déjà accueilli en héros volant sous les applaudissements et les acclamations. On chanterait son nom partout et peut-être même qu’il aurait une statue en son honneur aux jardins des cocos. Emballé par ces images, il doubla d’ardeur afin d’aller encore plus vite, mais malheureusement, il n’avait pas fait attention aux obstacles qui étaient devant lui et ses oreilles se coincèrent dans une grosse branche d’arbre. Il était furieux contre lui-même, ses rêveries lui auront coûté ses chances d’aider ses amis. Il tenta de se déprendre en courant, en sautant, en tournoyant et tournoyant encore autour de cette branche quand quelque chose d’étrange se produisit. Ses oreilles se mirent à tourner toutes seules. Tellement que ses pieds ne touchèrent plus le sol. Il volait… il n’en croyait pas ses oreilles, il volait au-dessus du village de Pâques et de plus, son nouveau mode de locomotion était plus rapide que ses pieds. Il comprit alors qu’il avait encore une chance de sauver l’arbre aux cocos. Il fonça vers la source d’eau la plus proche, y remplit les seaux et retourna rapidement vers l’incendie afin de les verser sur les flammes. Ça fonctionnait, mais c’était encore insuffisant. Alors il fit le voyage à plusieurs reprises, au moins quinze fois avant de réussir à éteindre une bonne fois pour tout le feu qui faisait rage dans l’arbre. C’était la joie dans tout le village, le lapin aux longues oreilles avait réussi à sauver l’arbre et par la même occasion la fête de Pâques !

 

Cependant, ce dernier était épuisé. Il cessa de voler et tomba sur le sol, inconscient. Les lapins et les autres habitants du village vinrent le secourir. Mais rien à faire, le lapin hélicoptère ne se réveillait pas. Délicatement, ils le soulevèrent et le portèrent au-dessus de leur tête pour le conduire à l’hôpital. C’est alors qu’il ouvrit un œil, puis le deuxième. Il prit quelques instants avant de comprendre ce qui se passait sous lui. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que son souhait avait été exaucé. Il était un héros et tous le portaient! Il leur demanda donc de le redescendre sur le sol en les rassurant que tout allait bien.

 

Maintenant le lapin hélicoptère avait une utilité, une fonction, un travail reconnu de tous. Il était pour tous les habitants du village, le seul et unique Lapin pompier-hélicoptère. Et jamais plus, jamais il ne se sentit différent.

 

 

 

 

 

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