Mathieu La Manna - Insomnie

Insomnie

 

 

 

Sur l’éveil de mon envie charmée

Pulsion réprimée de mon encrier

Je trempais mon inspiration espérée

Dans l’espoir d’écrire en miette mon été

Ne serait-ce que pour dégourdir ma plume négligée

 

Tourbillon en écuelle de nougat

J'élucubrais dans l'eau du n'importe quoi

Appréhendant le doute de ma sénilité dérobée

Soupir en étincelle de déjà vu

 

Griffe palpant le papier lacéré

Dans l’attente d’une parcelle d’idée à y déposer

Temps sur lui-même a tourné

Pour que survienne la nuit sans frapper

Et qu’insomnie s’assoie sur le banc des invités

 

Voilage en nuage me refusant mes brumes

Tournant les globes de mes oculaires

Dans les orbites vaporeux

D'un éveil vagabond

 

Compagne détestée

Tentant en vain de la chasser

Hélas, insensible à mes attaques répétées

Inébranlable, elle demeurait à mes côtés

À ses aises bien sûr, installées

 

Sœur jumelle de mouton noir

Siamoise en douleur du vouloir être seul

Elle se parasitait à moi

En plaie basse

 

Duo en dyade obligée

Celle qui tarissait ma nuitée

Me souriait de par son effet escompté

Voyant que mes yeux trop cernés

Privés de mon repos souhaité

 

Vestige en vertige

Être en somnolence refusé

Je flageolais en débit de ma nuit

Peinant dans le noir à broyer

 

Si seulement quelques mots annotés

Sur les lignes esseulées de mon papier déserté

Prenaient place entrecroisés

D’une ritournelle enjouée

Pour qu’enfin, enfin, se tisse l’esquisse d’une idée

 

Virginité dans l'esprit à poindre

Nullité en vrac

Le chaos de mes désordres

Sombrait

 

Mais rien ne daignait se teinter

Réduisant mes espoirs pourtant bien intentionnés

De voir quelconque produit se tramer

Dans cette nuit me refusant le coucher

Désuète de bonnes volontés

 

Quand l'absence de soi

Martèle son territoire

Les frontières de son être

S'effondrent sans difficulté aucune

 

Au ciel, sphère blanche laquée

De gravats d’étoiles dispersées

Vint tromper mon âme esseulée

Priant ma muse désertée

Du bien vouloir se manifester

 

Nébuleuse en constellation

Les filantes étoilées desservaient mon néant

Parcimonie en abondance de vide

Je m’avilissais

 

Sablier sur le déclin évidé

Annonçait les heures écoulées

Moi, larmoyant, je trompais mon œil perlé

Triste de constater

Qu’évidée ma plume a séché

 

Constat ponctuel

D'une passion en résidu

Peinant à survivre dans le flot du quotidien

Clamant pourtant, pourtant, son droit de vivre

 

Colère grandissante en montée

De mes résistances élimées

Tempête sans frein emportée

Le flot de misères décomptées

Par millier sur le dos de mon âme courbée

 

Magma de rouge sur un tapis de honte

Tremblait sur les assises de mes certitudes

Épuisant ma faible constitution

Jusqu'à plus d'ombre de moi-même

 

Avachi, attablé

Pointe en rayon chaud de l’été

Jour saluant l’aurore renouvelé

Mon corps torturé

Survivant d’une blanche nuit non souhaitée

 

Amalgame d'une volute

Larmes d'encre

Trouvant sa voix propre

Et qu'enfin, qu'enfin, parle aussi

 

Surprise voilée

Que mes larmes versées

Tracèrent des mots en gouttes d’encre bleutée

Exprimant pleine beauté hors de moi expulsée

Sur le blanc papier à l’inspiration retrouvée

 

Espérance, à ne jamais forcer

Tresse d'elle-même sa propre trame

Sur un fil de soi tissé

Pour que parle sa résonance éteinte en jadis

 

 

 

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Tous droits réservés

Mathieu La Manna

 

 

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Commentaires (1)

1. masttorruq (site web) 15/10/2017

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