Mathieu La Manna - Fin de parcours...

Fin de parcours...

 

 

 

Dans l’espoir d’une ruelle déserte, il chevaucha les ombres. Fuyant les regards, tout comme soi-même, il espérait tant. Être isolé n’était pas de trop dans cette ville où même la nuit dort debout. Les lumières en lucioles dansant sur les réverbères de ma fuite…

 

Fardeau en mal de grâce, il peinait de ses pas lancinants, mais ne cessait pas pour autant. La tête en tourbillon de malaise lui donnait la nausée en vertige d’équilibre. Le mal grandissait en patience, en latence, mais évoluait lentement. Il la sentait bien, cette boule arquée se logeant sans vergogne dans sa poitrine et lui coupait le souffle et le goût de vivre. Noir dans les yeux de celui qui suffoque à sa propre vue, il n’en pouvait plus.

 

Sensation étrange que la vie le maudissait, les reflets de son corps sur le pavé de sa fuite trahissaient son présage. Mort dans l’âme, il était en veille de vivre sa dernière journée de nuit. Réflexion sans lendemain, le miroir de son existence ne lui affichait rien. Que le vide de son passé en voie de disparaître, tout comme lui… il le savait. La douleur de ses mémoires le métamorphosait en bête de somme. L’addition en addiction de ses malheurs était tout ce qui lui restait. Comment survivre quand la rage du mal nous consume? La question était vaine, tout comme sa vie sur le point de se rompre.

 

Fuir et fuir, la réalité fuyante de sa déroute le menait sur le seuil de son séant, au bord de l’océan. Saignant de larmes de carmin, l’être momifié mit un moment à convenir du temps propice, du précipice. L’ultime saut, le saut de l’ange déchu, échu sur la plage des regrets.

 

Fixant l’horizon immuable, l’horrible zone du non-retour pulsait de sa nette délivrance chantait l’appel de son offrande sur le point de rompre. Le vent en aide opportune vint jouer avec le mauvais sort en ébranlant le fin de parcours.

 

Soupir en guise de pain de secours, il prit son courage à deux mains et d’un geste franc et délivreur se libéra de tout et l’offrit à la rage de Neptune écumant dans l’océan. La sensation de voler le prit plus la descente diminuait en altitude. Temps, longtemps était le temps où il ne s’était pas senti aussi bien. Le fil de sa trame empreinte de dédain défilait en boucle et rediffusion éhontée. Le mal de sa plèbe de vie prendrait fin sous peu et il bouillait de rage de joie dans l’appréhension d’une telle délivrance. Quand le souffle du enfin sans l’asthme de ses restrictions se sera dégagé en totalité, il sera libre… enfin… enfin….

 

Le choc en percussion et lourd en répercussion sur la nappe aqueuse aux vertus salines accueillit sans jugement le lot de sa délivrance, une fissure céda en lui. La faille était plus grande qu’il ne l’aurait imaginé. Bonheur ou malheur… Seul le temps du vide à combler lui susurrerait la réponse… Ambiguïté dans la recherche de compréhension… Était-ce un vide ou un poids qui venait de se dégager sa conscience?

 

Du haut de sa falaise, il ne broncha. La valse des vagues sur le récif de sa libération l’hypnotisait… Le choix qu’il avait pris était le bon au final, car nourrir la culpabilité ne fait qu’engraisser les remords. S’en dégageant dans le geste symbolique d’un sac à porter et à lancer à la mer lui fut salutaire, voire salvateur.

 

Puis, dans l’ultime réflexion… il se convint que de l’inutile il se débarrasserait et qu’uniquement de l’essentiel il se revêtirait.

 

 

 

 

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© Mathieu La Manna

 

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Commentaires (1)

1. AlysonEhh (site web) 08/10/2017

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