Mathieu La Manna - Quatre pattes

Quatre pattes

 

 

 

Dans la voie du qui suis-je, mille chemins se partagent la destination finale. Querelles d’ambitions et de sens au vol à la tire afin d’attirer le plus grand nombre de pèlerins sous sa coupe. Tumultes en voltige, car la voie finale appartient à celui ou celle qui comprend enfin que lui seul peut savoir. Toutefois, cette certitude ne s’acquiert jamais sans peine. Contraste dans le cheminement du bien-être, la descente aux enfers de ses propres démons est un passage obligé. L’image réelle de soi-même, la plus fiable et la plus fidèle, est celle sans artifice, sans la dorure de l’apparence.

 

Chute en proie à m’expliquer ce phénomène d’errance dans le noir de qui je suis, j’ai basculé dans la perte de références externes, isolé du monde et de ces fausses croyances et d'illusions. Palpant le néant en guise d’appui pour me relever, je cherchais mon équilibre valsant. Pourtant, à chaque espoir d’une béquille à saisir, elle se rompait devant le faux qu’elle contenait m’obligeant à ramper pour avancer. Humilité par obligation à celui qui ne fait plus d’ombre tant le sol est sa seconde peau. Ennemi ou allié, ce point de chute au niveau de la mer ne peut descendre plus bas que lui-même. Il est le point nodal du pavillon des déchus, le lieu du reclus solitaire.

 

Seconde nature du serpent qui caresse de ses ondulations pour se mouvoir, j’acclimate dans l’apprentissage de ce mode de locomotion. Ressentant la force et le froid qu’est la terre brute de son essence primaire, je la deviens et la consume. Peu à peu, la lucidité dans le clair de ma nuit, j’oscille sur le fil délicat de ma douce folie.

 

Énergie en panne de se renouveler, je dois la puiser dans nul autre corps que mon être atterré. Puis, dans la progression de mon apprentissage, l’image en fusion de ma réalité s’explique dès que ma main heurte l’objet de mes explications. Tubulures aux nombres de quatre sur lequel s’appuie une plate-forme plane d’où s’élève un dossier perpendiculaire. Ma mémoire, visuelle et tactile, se figure sans peine la chaise qui me fait face. Interrogation en multiplication de sa raison d’être sur le chemin de ma progression, je comprends finalement le message...

 

La vie est une chaise sur laquelle se repose nos 4 certitudes. Notre identité, nos croyances, notre passée et notre famille. Le dossier est l’équilibre qui soutient la vision de notre avenir. Toutefois, l’usure et les coups encaissés éliment les pattes de celle-ci, lentement, afin qu’au final, on se retrouve sur le sol, épuisé sans repère aucun afin que l’humilité et la confrontation finale entre nous et nous-mêmes se pose sur les racines de notre essence.

 

Il m’a fallu descendre bien bas pour que je saisisse cette vérité qui m’a été offerte sur les cendres encore fumantes de ma descente aux enfers...

 

 

 

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Tous droits réservés

Mathieu La Manna

 

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