M'sieur Viagex - Les vieux amants

Les vieux amants

 

 

C'est à la tombée d'un joli soir d'été, assis sur un banc,

Que je vis pour la dernière fois ce couple de vieux amants.

Je me souviens, la brise était légère et la lumière belle,

L'ombre des feuillages se détachait, imposante dentelle.

 

Ils restaient immobiles en se tenant la main,

Leurs yeux éperdus tournés vers le lointain.

L'horloge du clocher marqua la fin du jour,

Puis un moineau piailla un hymne à l'amour.

 

Ils se levèrent lentement, grimaçant sous l'effort,

Lui, l'embrassa tendrement, effaçant son remords.

Le chant de blé ondula sans la moindre résistance,

Le clair de lune prit encore un peu plus d'importance.

 

Ils oscillaient à l'unisson sous leurs pas difficiles,

Leurs cannes heurtaient le sol d'un tempo inhabile.

L'air calma sa touffeur pour une incidence calmante,

Un soupir s'appesantit, imposant une aura lénifiante.

 

Ils le savaient parfaitement, le temps était compté,

Mettant un terme définitif à leurs étranges destinées.

Le chemin caillouteux s'étira, fuyant sous les arbres,

Le tonnerre époumona un grondement macabre.

 

À la croisée de ce sentier qui avait caché leurs passions,

Définitivement, ils devaient mettre un terme à leur liaison.

Une pluie fine baigna l'ambiance d'une subite moiteur,

La foudre zébra la courbe de l'azur de sa terrible lueur.

 

Leurs visages ridés, luisant sous l'abondance du ciel,

Se dévisagèrent une dernière fois d'un regard éternel.

Les gouttes se fracassèrent sur la végétation féconde,

Les escargots se réjouirent d’un lent délice d'une ronde.

 

Ils partirent tous deux suivant leurs chemins divergents,

Déplorant leur perpétuelle absence répudiée du présent.

Le déluge inondait la campagne qui devenait liquide,

Etalant un mugissement qui se revendiquait sordide.

 

Pourquoi toutes ces années de leur amour dissimulé,

N'avaient-elles pu se transformer en une réelle destinée.

Le village suintait d'une onde au flot fantomatique,

Les néons vacillaient de faibles lumières épisodiques.

 

Ils les attendaient anxieux, postés devant leurs portes,

Inquiets pour leurs conjoints, appelant d'une voix forte.

La tempête se calma soudain, épargnant la nature,

L'air devint vivifiant, lavé d'un trop-plein de souillure.

 

Ils les regardèrent tristement, de cette vision sans âme,

Mentirent une dernière fois, abjurant cette liaison coupable.

L'obscurité enveloppa le bourg de son vaste voile de tristesse,

Recelant ces vieux amants désunis, qui pleuraient leur détresse.

 

 

 

 

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Tous droits réservés

© M'sieur Viagex

Mai 2014

 

 

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Commentaires (2)

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