Louyse Larie - Si je t'avouais Berlioz !

Si je t'avouais Berlioz !

 

Berlioz - Sculpture Louyse Larie

Sculpture de Louyse Larie "Berlioz"

*

Si je pouvais regarder dans ton esprit,

Toi qui par l'étrangeté

Sondes la solitude du silence,

Toi qui à pas feutrés

Irradies le voile de l'émotion,

Toi qui de ta double personnalité,

Traces la pleine lune

Dans le balbutiement du jour,

Toi qui de ton manteau blanc,

Donnes la couleur de l'arc-en-ciel à mes nuits !

 

Pour qui ne sera jamais dompté,

Devrai-je courtiser le secret

Pour tenter de capter la dualité perceptuelle

D'un caractère mutin ?

 

Pour qui n'a de cesse de me fasciner

Pourrais-je concevoir

Qu'à défaut de la déférence,

Tu ne me fasses front !

 

Force est d'admettre

Que ton calme et ton agilité

Conjugués à ta délicatesse,

Ta puissance et ta tendresse

Font de toi le plus attendrissant

Des solitaires dans l'âme,

Pendant que le sens du compromis,

Ta nature emblématique

Ne m'accorde sans réserve !

 

Si tu comprends que le mystère

Dans mon existence, tu m'apportes,

Si tu perçois

Ce qu'il m'est impossible de voir,

Vas-tu abuser de la patience

Pour qu'elle ne te livre ses ressources

Afin de capturer à loisir

Tout ce qui frétille autour de toi ?

 

Si tu sursautes au moindre bruit,

Vais-je devoir dresser barrage au fracas

Pour qu'il n'ose te créer tracas,

Car tu n'as rien éveillé

Pour mériter le courroux,

Si ce n'est mon attention,

Tant il est vrai,

Que le fait d'avoir choisi

Les étoiles pour compagnes,

Fait d'elles de sûres alliées,

Jamais félicité ne s'en plaindra !

 

Suffira-t-il à ton ombre imprévisible

D'apprivoiser l'énigme

Pour que le bonheur

Ne te voue le plus profond respect

Et ne rallie tous les suffrages

À ton endroit ?

 

Si tu m'offres cette candeur,

Par cette magie que j'ai gravée

D'une grâce de nacre,

Je promets que les astres suspendront

Ton image, qu'on ne fixera

Qu'à la caresse de la mémoire !

 

Si je t'avouais Berlioz,

Que tous tes regards de velours

Que je revois

Ne me font point crier ton nom,

Car je suis assurée que j'en perdrai le souffle,

Pour avoir laissé ton esprit

Deviner mes pensées,

Tandis que de la pierre polie,

D'où je puise le parfum du souvenir,

Ton œil si langoureusement sommeille !

 

Viendra le frisson du lendemain

Pour qui saisira l'insaisissable !

Plût à la fable

Que le poète souverain

Fredonne l'ineffable !

 

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Tous droits réservés

© Louyse Larie

24 Novembre 2013

 

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