Louyse Larie - Jusqu'au dernier fragment !

Jusqu'au dernier fragment !

 

 

 

Je  n'y puis trouver réponse

Car si je pouvais comprendre

Ce que ton impardonnable inconscience

A fait de ma robe de plume,

 Au lieu de m'être respectueux à l'aube

 De mes premiers soupirs !

 

Tandis que se perd l'humanité

Par son indifférence,

Le tumulte a paré l'univers de l'enfant

Du feuillage apeuré

Pleurant au creux de son lobe !

 

Si tu pouvais

Entendre le pesant silence

Plein de colère

Et l'écho de mon âme

N'avoir de dessein

Que celui de panser les larmes du nimbe,

Tu maudirais le mépris

Et ce, dans le meilleur des cas,

Le repentir chasserait l'asphyxie 

De mon plumage emmailloté par la cire

Héritée du dédain !

 

Si je pouvais

N'avoir jamais connu de l'autan

Et de la marée descendante l'urgence,

Si j'ose penser près du navire, pourrais-je

Me défaire du poids de l'indifférence ?

 

À quoi bon feindre de me laisser libre

Puisque le frisson de la honte,

Ta vocation n'a pas souci de gommer !

 

Si je pouvais,

Comme naguère sourire,

Sans me préoccuper de ma survie,

Grisé par la protection de l'aurore,

M'abandonnerais-je dès lors

À la quiétude de l'instant,

Au risque que l'insupportable ne vienne

Effacer le coucher du soleil

Aux multiples battants ?

 

Et s'il fallait que le remords ne balaie

En longs sillages l'effroi duveté,

Bien est-il s'il me pouvait soigner

Car la cruauté de ton monde

Sans foi, ni loi me fait mourir !

 

J'ai grandi à tes côtés,

J'ai apprivoisé le firmament,

J'ai perdu l'ombre de mes ailes,

Jusqu'au dernier fragment

Et j'ai tenté de fuir ton approche glaciale,

En l'absence de toute conscience,

Dussé-je y dénouer les liens

Car je croyais pouvoir tout vaincre !

 

Et pourtant,

Il suffirait que l'humanité

Ne veuille en ôter la déchirure

Pour que son salut ne triomphe du mépris

Afin de repolir l'arc-en-ciel des coraux

Et pour que le vent ne retienne

Grâce à la promesse 

Si chère à la complicité de  l'éllébore,

Ce que le langage du poète

A puisé de sa fontaine de vers,

Les seuls qui peuvent dessiner en ricochet

Les dorures d'un monde de raison,

Afin que les oiseaux nous invitent

Après tant de criminelles meurtrissures

À partager ce qui nous enchante

De l'énigme de leur vol de diamant,

À force d'espérances !

 

*          *

*

 

Tous droits réservés

Louyse Larie

 

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