Louyse Larie - En force saisonnière !

En force saisonnière !

 

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Photo FUCHSIA du pépiniériste Jacques Briant

 

 

 

En force saisonnière !

 

 

 

Frétillante, on me confond avec une variété qui fascine, je ne suis que sa bouffonne,

Le comble du leurre ! En fait, je fourvoie autant que faire se  peut, jusqu'à modifier

Et fausser son anatomie, n'affichant que la façade d'un paraître ornemental,

Une surface factice à la texture très finement fabriquée !

Refléter l'illusion est la seule fonction qui me soit attribuée !

 

 

Certes, j'aurais préféré être fécondée et naître officielle

Aux effets flamboyants, à la forme raffinée,

Louant mes fabuleux attributs aux autres végétaux flânant deçà delà,

Irisant mes folioles sur le frisson du limbe, dont la frilosité

Calfeutrée ne semble se façonner qu'au fil de la félicité

En force saisonnière !

 

 

Par la fibre flattée de mille parfums des plus odoriférants

Autour d'une mémoire fugace, tant il est vrai que fanfaronner,

Rayonner et se fleuronner sur le flan de la verdure aurait pu

Faire fuser la graine de ma frustration au lieu du profit,

Une fois la fanfreluche recyclée, plutôt que de bafouer la nature en fignolant

Ma face fatiguée par le fardeau de la fausseté !

 

 

Effleurée de faisceaux d'une lumière florale magnifiquement mise en forme,

Ta finesse festonnée par la fierté rubescente ne saurait tromper l'œil avisé,

Alors que de ma figure fardée de faux, en outre affaiblie, fâcheuse

Méprise, on ne peut plus camouflée, finit par offenser et rendre le regard

Infirme, mais le fard n'en est pas moins attifé pour autant d'une parure illusoire !

Naturellement effrontée autant que fictive, je feins de m'affirmer,

En danger toutefois, car la fauvette et les insectes filent à ma vue, plutôt que de batifoler

Sur ma frisure plus figée que fuselée !

 

 

Toucher mon frêle filet, franchement je ne saurais vous y

Inviter, je ne suis qu'un faux-semblant, en quelque sorte un affront, un artifice au

Genre falsifié qui plus est, défraîchi pour votre attention flouer

En toute fantaisie de la meilleure des façons !

 

 

Par une fenêtre rafraîchie, respirer les senteurs feutrées que tu nous offres,

Irradier la fertilisation de fraiches et nobles pensées, mais encore

Sentir jusqu'au tréfonds les fragments enfuis de ta fine corolle

Tamisée par un fier soleil, plutôt que de fêter les roublardes de mon étoffe,

Il en faudrait de peu pour que la fourberie  foisonne définitivement au forfait, faisant fuir

La féerie de la magie et de la fantastique floraison !

 

 

Festoyer la forêt dans un but plus bénéfique que financier,

Expier la faute pour avoir facilité le fossé entre le vrai et le faux,

Un effort collégial dans ce sens, il convient d'effectuer; à défaut de quoi, d'innombrables

Iris et fougères ne sauront plus à quelle fin vouer la fiabilité de leurs racines pour

L'espérance renflouer en vue d'un pollen fortifier à jamais,

Là où la confiance d'une humanité refondėe mettra un frein à l'indifférence

Et au superficiel en toute bienfaisance !

 

 

S'enivrer de ta beauté époustouflante, toi qui es fâcheusement 

Effeuillée par une ère de machinisation en folie autant que fripée

Par l'offense bâtie sur l'insignifiante facétie que l'on a fait de toi,

A pour moi la couleur de l'offrande fondée par la profonde réflexion, si tant est que

L'infini ne fasse pas le choix de défier le sacrifice, nous privant de l'ineffable

En pleine faculté universelle !

Seul un futur affranchi confrontera les limites du faux entre le possible et l'impossible !

 

 

 

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Tous droits réservés

Louyse Larie

 

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