Louyse LARIE - Fenêtre sur vie !

Fenêtre sur vie !

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Bonsoir à tous et merci pour votre attention !

Comme à l'accoutumée, je suis en retard à mes expos !

 

Pardonnez-moi,

Bien que cela ne semble pas générer de tracas pour autant puisque l'Action culturelle de cette magnifique ville avant gardiste me fait l'honneur de m'offrir une exposition personnelle dès ce jour et à voir cette immense salle, remarquablement bondée, il va sans dire que vous avez répondu à cette  invitation avec enthousiasme  !

 

Vous avez bien fait,

Vous m'en voyez très émue

Et je vous en remercie infiniment  !

 

Sachez néanmoins que faute de cerise sur le gâteau alcoolisé en fin d'allocution, je vous ai réservé une surprise, d'un dénouement le plus inattendu.

Rassurez-vous, palabre, je n'en abuserai pas, dès lors que nouvelle formule, vais-je m'efforcer d'appliquer en termes d'originalité afin de rompre avec le conformisme qui à vrai dire, commence sérieusement  à me pomper l'air !

Vous voilà fort nombreux en ce lieu magique dans lequel vous aurez l'occasion de découvrir une cinquantaine de mes œuvres rétrospectives. Je vous rappelle que l'un  des  plus importants objectifs de cette ville  innovatrice  s'appuie sur la dimension artistique dans toute sa symbolique.

Venons-en au but, il m'a été proposé de faire une allocution afin de vous présenter mon parcours artistique, permettez-moi de le faire non pas sous forme traditionnelle mais sous forme poétique. 

Cela dit, n'attendez point que je rentre dans les détails les plus pointus, ni que vernissage traditionnel, je vous offre car vous seriez déçus  !

Avec un déroulement, on ne peut plus conventionnel, comme cela se pratique généralement, j'avoue que je craindrais que routine et l'ennui ne s'installent au détriment de la fantaisie et de l'originalité.

Il nous appartient de rafraîchir le schéma traditionnel

Et je vais m'y employer !

Si vous le voulez bien, nous allons descendre d'un cran, désacraliser poésie et peinture par l'innovation, quand bien même dents pourraient grincer.

Certes, je vous le concède, ceci n'est pas coutume mais non sans piment toutefois !

Mais avant de passer à la lecture de mon poème,

Je me dois de vous faire un aveu :

 

Tandis qu'au loin,

Je vous apercevais et vous observais derrière ces gigantesques baies circulaires, tous rapprochés, certains conversant, d'autres plus solitaires, marchant d'un pas déterminé en sens inverse, jusqu'à ce que la montre vous rappelle à l'ordre du rendez-vous en ce lieu, je bouillonnais à tel point que je n'ai pu résister à la pulsion primaire de mettre une nouvelle fois au défi mon ambidextrie qui m'a tant joué de mauvais tours dans le passé et qui d'ores et déjà, m'est fort utile, à contrario.

 

Ne convient-il pas de décomplexer tout ce qui a été  rangé dans la classification de prétendues traumatisantes lésions cérébrales et de pouvoir enfin les revendiquer et en tirer profit en toute extériorisation  ?

Quoi de plus épanouissant que d'utiliser simultanément la motricité fine de ses deux mains et de surcroît avec habileté, toute modestie gardée !

  

Et quel gain de temps incontestable,

Vous n'imaginez point !

Prendre ma revanche,

Grand temps, se faisait-il !

C'est pourquoi,

Au risque de vous surprendre,

Apprenez

Que de ma brosse égratignée,

En main gauche,

Vos silhouettes,

J'ai croqué passionnément

Sur  fresque que voilà,

Sans que moindre doute,

Développer

Vous ne puissiez

Et de  mon crayon dilué,

En  main droite,

Sur le bout du pouce,

Poème témoin,

J'ai griffonné,

Révélant facette

De mon parcours,

On ne peut plus atypique !

 

 

Il est à noter cependant que ladite fresque toute fraîche placardée ci-contre,  sur  laquelle vous pourriez vous reconnaître,  ne vous illustre pas tous. 

Vous étiez si nombreux,

Rassemblés  au centre de cette immense place que ce fut impossible !

  

Comprenez-moi,

J'en avais plein les yeux !

A vrai dire,

Me déchausser,

Je n'ai pas eu le temps,

Afin de mettre à contribution

Mon pied gauche,

Avec lequel, parfois, je peins ,

Lui concédant brosse et pinceau,

Vous m'en voyez navrée !

 

Que je vous rassure,

Ceci n'étant que partie remise et à défaut d'un vernissage débouchant immanquablement sur une beuverie classique, mains à la pâte, ai-je bien l'intention de mettre encore une fois en fin de lecture, si le cœur vous en dit afin de brosser silhouettes et portraits de ceux parmi vous qui pourraient développer un sentiment de frustration pour ne pas sur fresque, s'y apercevoir !

Qu'à cela ne tienne,

Nous allons y remédier !

Un dernier détail qui n'est pas le moindre, vous comprendrez par la suite que le poème que je vais mettre en musicalité n'est pas davantage le fruit de mon imaginaire que celui d'une des tranches de mon vécu artistique, ressuscité en cette occasion.

Et pour conclure cette première partie,

 

Fenêtre sur vie,

 

Allons-nous ouvrir ensemble,

Avant de finaliser par la composition d'une seconde fresque saisie sur le vif, où  volontaires seront en mouvement !

  

Ton empreinte m'a tant marquée

Que je surprends

 Tous tes soleils

Habiller d'arabesques

Mes bonheurs les plus suprêmes  !

 

Je te servais de modèle,

Tu t'appelais Adèle,

Tu voulais cultiver

Chez la petite fille

 Une graine de couleur,

Alors que vibrait le nacre

 De mes fontanelles !

Je n'avais que cinq ans,

Et j'avais tout mon temps !

Je ne comprenais

Ni ton impatience,

Ni ton empressement

Pour fixer définitivement sur la toile

Mon regard d'émeraude

Et mon âme d'enfant,

Pour ne point qu'ils s'évaporent,

Je me fis expliquer !

 

Tandis que tu peignais mes robes

 De ta brosse ébouriffée

Qui renaissaient des coloris

 De ta palette magique,

Dans la maisonnette,

Toutes, je voyais

 Chatoyer !

 

Tu m'initiais,

M'apprenant à capter

Toutes les lumières du monde

 Sur le chemin de l'émotion,

M'éveillant à tous les possibles !

D'une myriade de taches,

Je barbouillais

 En chansonnettes,

Celles de mes poupées !

 Lavis sur arcs-en-ciel ,

Je maculais !

Tu me disais :

Utilise la magie de l'instant,

Invente les couleurs,

Ose ton univers,

Fais danser tes sujets !

 

Dès lors,

De tes conseils

Les plus avisés,

Apprivoisant pastels,

Additifs,

Effets de gouache

Et médiums

Les plus imprévisibles 

Dans mon assiette

En effervescence,

Je n'ai eu de cesse de barbouiller

Croquis

Sur clairs-de-lune,

Avant de coucher avec audace

Sur ma tablette

De naguère  à ce jour,

Le monde revisité à la paillette,

À la couleur de l'énigme

Secrètement lovée

 Dans le berceau

De l'alchimie en dormance !

 

Au fil du pinceau,

Tu es devenue mon Maître,

Du lit de la couleur

Et de la matière  !

Au fil de ma mémoire,

J'ai choisi de te promettre,

Que brebis et chevrettes

Pourraient paître

Les mèches irisées

Sur le chevalet de mon ancêtre !

 

C'est ainsi,

Que tout au long

Du chantier artistique,

Pigments

Et diversité de tons,

 De toile en toile,

J'agence

Et traduis tout ce qui naît

De ma vision

 À contre courant  !

L'atmosphère suggérée,

 J'explore le rêve

Pour l'intégrer, 

Au point nouvel horizon,

 M'y noyer à volonté  !

 

Je libère la silhouette

De la chimère affairée,

Je lui offre forêts et marais

Que projette le visiteur,

D'un coup d'oeil

Plus averti que le mien !

Je revisite

Pour la énième fois les textures

De la pâte ondulante,

Comme tu me l'enseignais

Et je jongle

De terre de Sienne

En un gris de Payne

Au creux de la touche d'ivoire,

Pour en extraire le parfum de la substance !

Dans l'abysse de l'ocre,

Je me fonds

À perte de vue,

Je courtise le hasard !

Je dérobe le bleu de Prusse

À la masse de l'ombre

Et du relief de la structure,

Je vois mon pinceau déverser

Eaux et tourments

Jusqu'à ce qu'un ailleurs 

Jaillisse du caprice de l'ébauche !

 

  Cheminant

De salon en salon,

J'use les cimaises,

Comme l'inculquait l'illustre David

Sans t'y retrouver,

Sans le retrouver,

Sans m'y retrouver !

Au cours de l'un d'entre eux,

  Botero,

Curieux personnage,

J'ai rencontré !

Dans ses opulentes formes,

Je m'y suis perdue

Pour ne pas lui avoir consenti

Les courbes de ma gribouille !

 

Pléiade de peintres,

En pleine fougue,

J'ai côtoyé !

 Comme moi,

Ça touille

Ça mouille,

Ça fouille l'esquisse,

Au prix du sacrifice !

Certains plus aventureux,

D'autres plus récalcitrants

Se sont éloignés de l'art en vogue

Que le contemporain

A installé dans l'air du temps !

À chaque salon,

Le monde,

Nous réinventons !

 

Sais-tu,

Qu'à mon tour,

 Les enfants,

J'initie

Aux arts plastiques

Et j'implore

La légende de l'ombrelle,

De redessiner l'image du sultan

 Qui cèle Le frisson

 De l'imaginaire au réel,

 À magnifier,

Si tant est qu'il veuille bien retransmettre,

Les mille et une histoires

D'Adèle

Qui, pas à pas,

 Ont façonné en moi,

 Le peintre du peut-être,

Au cœur de l'orée du sonnet,

À chuchoter !

   

Mesdames et Messieurs ,

Merci de m'avoir honorée de votre pleine attention, je ne conclurai pas sans rendre hommage à Adèle, invitée d'honneur, talentueuse artiste de renom, ô combien Grande Dame, qui nous a accompagnés durant mon récit, sans qui je ne serais assurément pas la barbouilleuse et l'exploratrice du fondu que je suis devenue !

Rapprochez-vous,

Le temps d'actionner le distributeur de jus de mangue et de vous rafraichir.

Suivez-moi,

Nous allons aussitôt faire chanter la toile grâce à votre participation colossale,

j'en meurs d'envie !

Et que le royaume de la couleur fuse de vos silhouettes divines !

 

 

Le 12 avril 2013

 

*           *

*

 

Tous droits réservés

© Louyse Larie

 

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Commentaires (4)

1. AlysonRwb (site web) 11/10/2017

https://www.threadless.com/@canadarxcenter/activity

2. AlysonTbu (site web) 08/10/2017

My friend and I went camping the other day. It was a tiring experience, as he wouldn't let me sleep all night. He kept talking about random subjects and cried about his anxiety. I totally told him to this and deal with it.

3. Tippi 22/11/2013

J'avais déjà apprécié ce texte. Son authenticité et sa fraîcheur.

J'aime l'image de la petite fille qui barbouille et patouille aussi bien les couleurs qu'elle crayonne en mots nuancés de toutes ses émotions.

Bravo Louyse, c'est un texte primordial à ta présentation en ces lieux et après ta muse africaine, cette fenêtre sur vie ouvre tous les horizons de ta peinture que j'aime.

4. Louyse Larie 11/11/2013

Que chaque lecteur attentif qui aura pris la peine d'entrer par ma "Fenêtre de vie "sache que j'ai construit mon poème à partir de faits réels !

C'est pourquoi, je confie le soin à la petite fille qui sommeille en moi de vous inviter en ce lieu à découvrir mon parcours artistique et précisément le contexte de mon histoire de vie qui m'a conduite à faire du pinceau un de mes plus fidèles complices dès le plus jeune âge !

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