Lilas - Liaison épistolaire: poèmes à Guillaume

Liaison épistolaire: poèmes à Guillaume

 

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La plage de galets est celle que tu sais

Les vagues de turquoise y lèchent le rivage

Sous un ciel toujours bleu, ce ciel d'azur trop sage

Où des nuages fous jouent aux feu-follets

 

Dentelles et jupons claquent comme des voiles

Découvrant les mollets des riantes baigneuses

Le vent emporte au loin leur voix pleine d'étoiles

Qu'elles sèment gaiement en chansons curieuses

 

Allongée et rêvant, la brise me caresse

Le visage, caché de Phébus sous l'ombrelle,

Dans un demi-sommeil où je songe sans cesse

A toi, à nous ensemble, à cette année si belle

 

 

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Gérard, Baron Francois-Pascal-Simon 1770-1837   Psyché et l’Amour

 

                        

 

Mon Apolon

Mon plus que tout

Sur tous les tons

Tous tes mots doux

Redis-les moi

Et sur mon Coeur

Grave l'émoi

De nos bonheurs

 

 

Grisée par tes longs baisers

Un doux frisson me traverse

Il y a tes yeux blessés

Lovés aux creux des caresses

Là où tu m'as entraînée

Amour, ta fière maitresse

Use de ses armes cachées

Mue par un désir d'ivresse

Emporte-moi, mon aimé

 

 

 

Toutou me tient la main et me couve des yeux

Ne sachant qu'accomplir pour me conter fleurette

Il n'est qu'un vague bruit effleurant mes cheveux

Et je songe mon dieu, mon dieu, qu'il est bête

 

Je me suis faite douce appelant de mes voeux

Ta flamme carressante et tes mains inquiètes

Sur ma peau frissonnant à ton verbe soyeux

Et mon ventre chantant les notes d'un quintette.

 

Je te sais sous le feu, dans un fossé boueux

Où la vermine grouille et les rats font la fête

Quand les hommes noués aux trippes et peureux

Se terrent frissonnant au coeur de la tempête

 

Je n'espère désormais qu'en ton retour heureux

Sous un soleil brillant éclipsé par la fête

Que nous célébrerons à la face des dieux

Unis dans un soupir, nos corps en silouhettes

 

Reviens mon bel amour de ce pays fangeux

Où il n'est que mitraille et dangers qui te guettent

Mon petit chat s'endort, le coeur bien douloureux

Il te supplie: "Fais vite" en prière muette

 

 

 

L'été rieur éveille un grillon sans façon

Par un vent de chaleur mêlé de ritournelle

La torpeur de midi submerge la venelle

D'une tendre douceur aux tons vert céladon

 

Dans la rue élatant d'un charnel abandon

Des taches de soleil dansent la tarentelle

Derrière les volets, les voiles en dentelle

S'agitent doucement sur des sommeils de plomb

 

Loin du ciel orageux, qui, roccailleux, menace

De pleurer une larme au parfum trop tenace

Un chat flemmard s'étire à l'ombre du clocher

 

Et là, dans cette chambre où les mouvantes ombres

Dessinent sur ta peau des arabesques sombres

La rue étend sur nous son bel habit d'été.

 

 

 

Je t'ai offert la chair des fruits de mon verger

Le jus de la grenade réchauffé de soleil et les melons sucrés de mon plein champs fleuri

La treille a coulé dans ta gorge assoiffée parfumant tes lèvres de son ivresse divine qui se mirait dans les secrets de tes mains égarées

J'ai partagé avec toi les parfums andalous des figues violettes et leur douceur colorée dans la touffeur des soirs d'été

Cédant à tes désirs, j'ai ouvert les caches dissimulées dans la verdure pour t'en faire savourer l'inéffable banquet

Mais ce que je t'ai offert je ne peux te le donner

De ce festin des dieux tu fus la pulsation sans en être le coeur...

Les hommes sont de grands vaisseaux qui tremblent et dressent leurs voiles fièrement pour de nouveaux voyages

Mes bagages sont faits

Ecris-moi poste restante, ne pleure pas

 

Ta  Lou

 

 

 

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© Lilas

 

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