Jean-Claude Goiri - Ce qui berce ce qui bruisse. Extrait

Ce qui berce ce qui bruisse.

 

 

Nuit vibration à corps transe, sentir la viscosité de mon cerveau, le relief de chacun de mes nerfs et de ce qui tranche avec le jour, sentir le sommeil des autres et veiller sur leurs peaux jusqu’à ce que vie s’ensuive, entrevoir le jour plutôt que d’en être aveuglé, nuit vibration, accepter l’éveil renouvelé à chaque instant, refouler ce sommeil imposé par le jour, corps transe, recevoir le sursaut d’un muscle juste au coin d’une paupière, profiter des largesses d’une lumière artificielle qui obéit au doigt et à l’œil, nuit vibration, suspendre le temps comme un linge humide et souffler dessus pour aérer ses fibres, ne plus rien savoir, ne faire que sentir, ne marcher qu’avec les doigts, tout habillé de calme et de silence ne plus tenir par un fil mais par mille cordes qui vibrent au moindre souffle de la pensée, nuit vibration, l’accord tranche avec les bémols de la journée, les dièses brillent au plafond, le possible est à portée de dents, le rêve s’invite dans chaque mot frappé, les jambes se désencombrent de tout un attirail de vélocité, les bras deviennent les membres porteurs de tout un corps voué à la transe d’une nuit vibration.

 

 

 

 

Ce que Anna Jouy en dit…

 

 

« Ce qui berce, ce qui bruisse
Bercements, caresses. Les mains partout travaillent, à rendre le monde Nous.
L’excès des mains, l’urgence de se coudre un vêtement aimant, de mettre l’amour à l’abri -pas à l’isolement- de ce qu’on ne peut comprendre peut-être, de ce qui blesse beaucoup, de la mort sans doute.
Le poète à l’œuvre, cherchant à prendre forme, à mettre en forme, en danse, en gestes ce que la bouche invoque. Bercer, c’est à dire toucher et envelopper.
Ce qui berce, l’exercice en continue suspension de remettre le poème dans et sur les bras.

Et puis écouter ce qui bruisse, les yeux fermés. Rester derrière la porte, écouter.
Les mots
derrière la tête recréent un monde
meilleur veut-on.
Entendre ce que l’âme mijote des bruits du dehors…

En deux mouvements, comme la mer vient, ce recueil de Jean-Claude Goiri invite à traduire en braille les pensées, de l’ombre de la voix à la lumière du geste
et puis réclame de l’aveugle, les secrets d’un monde à transcrire, comme la mer se retire »

 

 

 

 

 

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Extrait de "Ce qui berce ce qui bruisse."

De Jean-Claude Goiri aux Editions QazaQ

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