Jacqueline Wautier - Plume de chair...

Plume de chair...

 

 

 

De ta plume d’oie là qui ondoie,

Adoucie d'arrondis rebondis ou acérée de quelques flèches sans joie,

Tu vas à la soie moirée de nobles costumes 

De sursauts rageurs en ressauts vainqueurs:

Glissant de noires ratures en tendres griffures au Roi-cachet du cœur...

 

Drôles de coutumes,

Drôle de contrée :

Plumetis des jours et des lunes

Ou brumes  brunes de quelque lettre oubliée ?

 

N’empêche !

Ton capuchon ôté me découvre à tâtons osés

Car à ton corps longiligne je mords entre les lignes:

Toi, mon glaive, mon rêve-roi.

 

Lettres de seiche...

Ton sang noir me vide au blanc-seing d'un feu fabuleux

Et à ton pouls coulant je me soûle aux flous des courants:

Toi, mon maître, mon être d’oie...

 

N’importe !

Ton corps enflé de résineux me peint à quelques dépliés de parchemins précieux

Quand au blanc noirci d'amer je me prends aux vers cent fois maudits:

Toi, mon arme, mes larmes-joie.

Tu m’emportes…

 

Tes sursauts, tes ressauts:

Tu bats dans mes veines.

Tes ratures, tes griffures:

Tu traces dans mes peines.

 

Ta soif d'ailleurs me brûle en pointillés,

Tes maux sans fin me laissent à mots arrêtés

Car à ta plume j'accroche mes ailes,

Car à ton or je m'émerveille

Jusqu'à me fondre à ta peau d'ébène:

Toi, mon eau forte, mon vaisseau-moi,

 

Las!

Tu me prends souvent à l'inattendu d'un virage ou d'un nuage...

Tu t'agites, je m'excite -le monde tout entier prend de la gîte

Mais tu me gagnes : en nage ou en rage jusqu'à tourner encore la page!

Caresse à ma main,

Caresse à quelque grain,

Caresse des lendemains à tes traits si fins où la mort même hésite...

 

Tes sursauts, tes ressauts:

Tu bats dans mes veines.

Tes ratures, tes griffures:

Tu traces dans mes peines.

 

Préface en scrupules !

Ton canon dormant au bois des songes me tire à l'envol d'or des émois

Car à ta gorge qui sang crie ou vagues verse je me déverse d'indécents serments:

Toi, mon fleuret moucheté.

 

Post-scriptum en crépuscules...

Ton réservoir des rêves qui jamais ne dorment redonne forme ou trêve aux nuits les plus noires

Et à ta cartouche je m'en volume de bleu au cœur ou de retouches aux douces heures:

Toi, mon corps de papier!

 

N’importe!

Ton embout au bout d'un course folle m'en boute à l'hors-de-moi d'une gondole

Quand tu me conduis qui m'insinue au lit des lignes et des livres à peau nue:

Toi, mon âme en pieds rimés…

Tu m’emportes !

 

Tes sursauts, tes ressauts:

Tu bats dans mes veines.

Tes ratures, tes griffures:

Tu traces dans mes peines.

 

Ton œil ciselé me transperce à la moelle d'où je m'écoule et ruisselle

Coulée à l'encre marine où s'en rient les vagues à l'âme,

Lames sans cris prises aux ancres bleues : cent cris à l'encrier trempés...

Résilience !

Résilience de quelques pales fantômes redessinés au sable mouillé des visages du passé et sur la page-paysage bercés

Qui s'y dorent, que j'en dore...

 

 

Noire-sœur à l'amer... ... de quelques noirceurs à la mer

De mon cœur qui attend et espère

Que se passe enfin l'hiver

Tu me plumes et m'emplumes de merveilleux mystères volés à l'éther des cieux et des lunes qui s'y allument...

Car j'y pleure en encre marine

Me coulant en ses sanglots-fleuves.

Ainsi, accrochée à ses ancres sanguines

Je vis à ses îles-lignes

Y trouvant quelques éclats de rire

En parenthèses à corps de cygnes...

Là, enfin, je rime mes soupirs

En pointillés qui rien n'y peuvent:

Poings à points inachevés,

Point de points à jamais terminés...

 

Tes sursauts, tes ressauts:

Tu bats dans mes veines.

Tes ratures, tes griffures:

Tu traces dans mes peines de noires ratures en tendres griffures!

 

De ta pointe droit devant levée,

Arrêtée effarée aux idées sans retour ou masquée-velours de dédits et d’insoumis,

Tu assumes  à pointe-bulle emportée

Tous ces inédits mille et une fois redits : 

Cassant là de tes traînées enfantées tant de majuscules crapuleuses –toi, minuscule épée des espoirs dérobés à Utopia et à ses fées radieuses…

 

 

 

 

 

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Tous droits réservés

Ce texte, comme tous les textes de l’auteure, est protégé par les règles et droits de la propriété intellectuelle !

 

© Jacqueline Wautier

Le 05 octobre 2014

 

 

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Commentaires (1)

1. AlysonPym (site web) 11/10/2017

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