Gilles Palomba - ADORAMIS (Extrait du roman)

ADORAMIS (Extrait du roman)

 

 

"Ce fut à cette humeur des éléments que le ciel plus présent d’astres et que la mer moins absente autour concentrèrent leurs deux infinis sur la petite seconde d’or.

En faut-il des mois et des années à remuer de fond en comble toute une mine, avant de trouver la petite seconde fragile où tout ce qui vit reprend force, et où tout ce qui pousse tel mineur ou tel autre à creuser plus profond sa galerie, le conduit à la trouver enfin, sa récompense ! Et quand l’un de ces damnés de l’espoir la déniche, cette petite seconde d’or, et qu’il la touche, qu’il la serre dans ses mains et contre sa poitrine, voilà qu’il se redresse et qu’il marche, debout !

Cette seconde va paraître au moment où ils s’apprêtent à boire à la même bouteille. La pépite a surgi sur la table, à cet instant précis où tous deux, assis de part et d’autre, avancent vers elle leurs mains qui se touchent.

Et voilà qu’ils deviennent beaux.

Ils ont l’âme et le corps nus, ils sont sublimes ! ils ferment les yeux de la tête, ils ouvrent ceux du corps. Ils ont les yeux ouverts, si les soulève une lame, les yeux qui se devinent, s’ils s’offrent un plongeon. Nulle part ailleurs la nuit ne sera plus douce qu’au seuil de la tempête, de cet animal sans tête qui rampe de loin en proche, qui avance sur le ventre en tortillant le bassin et les épaules, et qui, de ses bras grands ouverts, ramène l’horizon tout entier sur le navire, frêle point d’amour encerclé par l’espace.

Ceux qui atteignent le trésor, achèvent une aventure où commence l’épreuve. Car la félicité d’un instant tient de la récompense en même temps que de l’avance sur recette. Tandis que la mer autour proteste, deux êtres qui se destinaient à partir au bout de leur rêve se livrent, s’offrent, se déshabillent.

Voici l’énigme aux allures de sphinx, qui se déchiffre à tâtons. D’abord une onde parcourue de frémissements, à peine effleurée, et la peau se hérisse – vent qui monte et grand-voile du drap servant de couche. Et voici le moment de l’ivresse, un instant presque de perte de la conscience, un accord qu’aucune musique ne traduit, une parole unique qui ne tiendrait d’aucune langue et qui contient tous les poèmes, qui requiert cependant moins de place que cet infime point produit au bout d’une tête d’épingle ; de cet instant limpide comme une larme où chanteraient tous les océans, de cette seconde en soi dont l’étincelle brille à l’instar d’un astre dans le cosmos, de cet éclat d’éternité que nul n’a vu qui ne pourrait croire, dès lors, aux anges."

 

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Tous droits réservés

Gilles Palomba

Extrait du roman "ADORAMIS " éd. Edilivre

 

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Commentaires (1)

1. AlysonBuw (site web) 08/10/2017

Oh God. I don't know what to do as I have a lot of of work to do next week month. Plus the university exams are nearing, it will be a disaster. I am already being nervous maybe I should url to calm down a little bit. Hopefully it will all go well. Wish me luck.

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