Gilbert Mervilus - Martine mon amour

Martine, mon amour

 

C’était, en mille neuf cent quatorze, me semble-t-il,

J’étais jeune et chantais Lenorman,

Je croyais en une vie de rêve.

 

Martine, je l’accompagnais à l’école,

Nous faisions la route ensemble.

Nous n’avions pas de séisme dans la tête

Et le sinistré de l’âme, je ne songeais même pas à cela…

Ay…il s’exprimait de la bouche

Mais le cœur de la vraie vie n’avait pas encore frappé…

 

Avant-hier, j’ai vu Martine,

Ravissante et souriante

Divorcée et deux beaux enfants…

Moi, prêt à tout, un cœur, fissuré,

Une histoire catastrophique,

Parce que, crois-je, en 1914,

Lorsque, toi et moi, étions heureux, j’ai pas su danser…

Et…

J’ai perdu mille guerres

En croyant être bon soldat…

 

Ai oublié de te dire « je t’aime » !

C’était en mille neuf cent soixante dix-neuf,

Au Bois Verna,

Mon Dieu je croyais qu’il y a cent ans !

J’ai, vieilli, avec mon cœur fissuré

Et , enfin…

 

Je t’aime, Bonsoir Mon Amour !

 

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Gilbert Mervilus

 

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