Frédéric Cogno - Le pot du pauvre

Le pot du pauvre

 

 

 

Une petite auberge entrouvre ses paupières,

Il fait froid dans la rue des gentils vagabonds,

A la sortie du four, les croissants rejetons,

Rejoignent le comptoir de la belle tripière;

 

On se réveille au chant des douces cafetières,

La craie crisse des mots qui sentent déjà bon,

Le laitier est passé déguster le jambon,

C'est bientôt le marché, là-bas la poissonnière,

 

Dans un bac réservé, à côté des saint-pierre,

A gardé la friture d'ablettes et de goujons;

L'ardoise ne dit pas que ce noble bouchon

Régale l'indigent devant les gazinières,

 

Et que vers les huit heures au pied de la chaudière,

Le cantonnier ravi, témoin des traditions,

Prendra son casse-croûte offert par la maison:

L'assiette du pêcheur avec un Savennière!...

 

 

 

 

 

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© Frederic Cogno

 

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