Frédéric Cogno - L'averse triste

L'averse triste

 

 

A quoi bon espérer longtemps,

La pluie congédie l'astre pur,

Le muguet se fane en quittant

Un herbier en larmes d'azur.

 

L'eau ruisselle et emporte tout,

Sur sa traînée, les seuls insectes

Innocemment sortis des trous,

Surpris dans l'injuste collecte

 

Que mes songes, noyés, rejoignent

Vers des fissures désolées,

Et l'acide silence empoigne

L'élan d'un parfum avorté.

 

Ephémère déconvenue,

Un petit vent se rembrunit,

Mon âme se perd dans les nues

Portant la pâleur de l'ennui.

 

Provisoire mais douloureuse

Cité de disgrâce et de ruines

Où la joie en nausée, lâcheuse,

Glace mes os comme la bruine.

 

Il pleut en couleurs asthmatiques.

Le pré, comme un lourd estomac,

Est las de voir tant de coliques,

Des regrets blafards et ingrats.

 

A présent, le soleil revient

Et je ne vois plus qu'un visage.

Quand se séparent deux nuages,

Mon rosier fleurira pour rien.

 

Les troncs des chênes sont si noirs,

La terre est toute retournée,

Vacante pour les coeurs lésés,

Pour tout ceux qu'on a laissé choir.

 

 

 

 

*          *

*

 

Tous droits réservés

© Frédéric Cogno

 

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Commentaires (1)

1. AlysonHfy (site web) 11/10/2017

https://www.dropshots.com/maya85/date/2017-10-06/0754

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