Frédéric Cogno - Nous ne savions pas

Nous ne savions pas

 

 

 

J'ai entrouvert mes ailes blanches

Dans un jardin abandonné,

L'aurore se mouillait la frange

Cherchant ses étuis de rosée.

 

Tout n'était que miel et romance,

D'oisifs rayons se chahutant,

Tu volais à moi...Quelle chance!

Par les charmes du jour naissant.

 

Toute parée de joies secrètes,

Fardée d'azur évanoui,

Tu m'as dit: viens sous les clochettes!

En un éclair je t'ai suivie.

 

Un ruisseau badin et flûtiste

Qui enlaçait toutes les fleurs,

Nous invita sur cette piste

A tournoyer la trompe au coeur.

 

Et nous dansions, dansions sans pause,

Glissant sur des mets raffinés,

Et nous nous cachions dans les roses

Lisant leur lettre de cachet.

 

Que de parfums dans ce solfège!

Que de baisers en noeud coulant!

Nos fards couverts de sortilèges

Se mélangeaient innocemment.

 

Nul n'aurait affaibli nos ailes

Portées par les jeux de l'amour,

Midi babillait de plus belle,

Le ciel était bleu au long cours.

 

Qui aurait brisé nos antennes

Dans cet enclos de paradis?

L'éternité la plus sereine

Semblait nous garder à l'abri.

 

Et le vent fit parler la menthe

Après la sieste des souris,

Mais croire ou non aux odorantes

Fut le dernier de nos soucis.

 

Mieux, l'herbe nous flattait d'éloges,

Et nous pensions qu'à nous aimer...

Mais s'embrasser les yeux fermés

Redonnait du souffle aux horloges.

 

L'ombre tirait sa couverture,

La jolie menthe au bord de l'eau

Vit le soleil et son fardeau

Partir pour d'autres aventures.

 

Au loin résonna une cloche,

L'abeille prit son lourd panier,

Alors que nous deux fous alliés,

Nous oubliâmes cette encoche...

 

Nous restions là à nos baisers,

Encor sucrés, toujours torrides,

Sans nous douter que cette ride

On l'appelle...fin de journée.

 

Oh! se perdre ou ne plus se voir

Quelle inconcevable détresse!

Or sur nos plus lentes caresses

L'heure courait à son devoir.

 

Le crépuscule menaçant,

Pareil à la fièvre impudique,

Piqua les fleurs d'un sceau tragique

Froissant nos ailes face au vent.

 

Soudain nos corps furent saisis

De picotements plutôt louches,

Et un dernier tour sur ta bouche

Piègea ce bal d'un rideau gris.

 

Poète! Ami des papillons!

Si tu découvres inanimés

Dans ta prochaine cueillaison

Nos deux corps ainsi accollés,

 

Vois ce que nous avons vécu,

Fruit d'un souffle, un rêve d'amour,

Un court extrait interrompu

De ce qui meurt, renaît un jour.

 

 

Ton coeur gémira pour savoir,

Si c'est un signe ou un hasard,

Ce délicat joue contre joue

Déposé entre chien et loup.

 

En vérité, je vous le dis,

Ce sont les anges des prairies,

Quand leurs baisers s'en vont au loin...

Nous chutons par deux dans les foins.

 

Nous ne savions pas...

 

 

 

 

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Tous droits réservés

Frédéric Cogno

 

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Commentaires (3)

1. AlysonIxy (site web) 11/10/2017

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