Emecka - Elle est si douce, comment lui résister ?

Elle est si douce, comment lui résister ?

 

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Elle est si douce, comment lui résister ?

 

Il est clair que je ne lui résiste jamais tant elle s’impose à moi, chaque jour, comme un rituel  sybarite. Son emprise sur ma vie, mes habitudes et je dirai même ma santé, est telle que son éventuelle absence laisse en moi comme une grande frustration. Cette sensuelle compagne est si fidèle à mes désirs, si attentive qu’elle les anticipe avec une discrétion et une abnégation remarquables. Quoi de plus jubilatoire de sentir soudain sa présence dans mon dos, dans mon cou, sur le poids de mes épaules…!

 

Quel que soit le lieu, l’environnement, les circonstances au moment de nos retrouvailles elle veille à mon plus grand confort. Elle préfère que je sois allongé, sur le dos. Nous avons effectivement essayé d’autres positions mais qui se sont avérées beaucoup moins propices au « traitement » hédoniste qu’elle me fait vivre. Je lui laisse, je l’ai déjà mentionné, toute initiative tant ses dispositions sont agréables et ne suscitant aucune résistance de ma part. Qu’il est bon de se confier totalement, de lâcher prise et de faire confiance sans limite !

 

Alors, étendu sur le dos, elle m’enveloppe progressivement de sa tendresse et de sa sensualité avec l’impérieuse consigne de ne rien tenter à son égard.  Souvent elle commence par me fermer les yeux d’une douce pression puis elle me déplisse le front et le visage d’une même caresse. Elle me susurre d’entrouvrir mes lèvres afin d’y déposer son souffle envoutant. De mon corps, elle s’assure de la totale décontraction et si d’aventure elle y rencontre une zone tendue, elle s’emploie doublement à relaxer tendrement tout muscle un tantinet récalcitrant. Mes jambes ainsi reposées manifestent parfois de petits sursauts involontaires à la perception de ses flatteries. Je ne peux vous conter plus ostensiblement le plaisir intense que je ressens en cet état de total abandon aux folles volontés de mon exquise maîtresse.

 

Alors je m’évanouie pratiquement, en tout cas je perds la conscience du réel. Mon état est si léthargique que le monde pourrait s’arrêter de tourner sans que je m’en aperçoive…Pourtant, entre deux instances de bonheur il m’arrive de voir naître une idée, un coup de génie ou une inspiration. Même ainsi engourdi, je ne perds rien des effets que procure mon aimée ce qui, vous en conviendrez, serait offensant à son endroit.

 

Le temps ? Quel temps ? La notion de durée s’estompe. Pourtant, nos ébats pourraient paraitre bien brefs sur l’échelle des conscients et des zélés ! Qu’importe ! Ici, notre plaisir n’a de limites que celles qui ne peuvent s’observer, que celles qui sont intérieures. Seule compte l’infinie empreinte du bonheur que nous ressentons à l’acmé de la jouissance. En effet, dès que j’ouvre l’œil celle-ci m’envahie merveilleusement. Comme une renaissance.

 

Encore une fois je n’ai pu résister à ma cajoleuse sieste quotidienne, emporté par ses bras enveloppants. Je rejoins Yvan Audouard quand il affirme « En Provence, le soleil se lève deux fois, le matin et après la sieste » et lui répond que cette pratique n’est pas réservée aux provençaux. Pour le grand plaisir des chanceux, dont je fais partie, qui peuvent régulièrement s’y adonner. (Tableau ci-dessus "La sieste " de Pierre Bonnard)

 

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© Emecka - Mk

 

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