Ema / Edith Aurengo - Edith

Edith

 

 

 

Edith riait peu tant sa vie avait été tableau noir difficile à colorier. Nous savions, nous ses enfants, la faire rire aux éclats lorsque nous racontions des histoires ludiques et parfois coquines où Elle nous houspillait et faisait semblant d'être outrée. C'est qu'Elle, Edith, son Homme l'avait quittée , d'une pirouette en mobylette un soir d'avril 1957 au coeur d'un bocage où ils vivaient avec leur tribu de mômes sages et moins sages; alors oui, le tableau s'était noirci définitivement.

Certains prétendaient que son prénom d'Edith signifiait "richesse et combat". Sa richesse se situait dans la tendresse qu'elle savait entretenir avec nous et son combat fut bien inégal avec la dureté de la vie qui l'accablait.

Edith savait pourtant faire refleurir son jardin et nous ne quittions pas des yeux, le printemps venu, ces fleurs dont Elle était si fière dans son jardin nourricier  d'images nous consolant de ses tristesses passagères.

Et puis, Edith a rejoint son Homme, loin, bien longtemps après sa fugue à Lui et ce fut la chute de notre Empire à nous, leurs marmots...

Œillets apportés de si loin de cette ville lumière qui te charmait tant

Œillets emprisonnés de papier kraft fraîcheur enfouis au fond de la valise tristesse, bagage d’un voyage gris express dans ce train rapide me rapprochant d’un corps sans vie, de ton corps, ma Petite Mère Edith.

Tu avais abandonné la partie, partie dans ce printemps pluvieux, car il pleuvait sur cette cité de l’Ouest. Mes pieds se posant sur l’asphalte humide du quai de la gare ce matin-là gouttes de pluie glaçant un peu plus mon cœur. Cœur d’enfant déchiré, fleurs dans la valise pour fleurir ton ultime voyage terrestre, Petite Mère Edith.

Tu la désirais tant cette balade Ta vie durant ayant connu les cassures, Tu coupais la corde si ténue qui te raccordait à ceux que Tu aimais et qui t’aimaient tant !

As-tu commandé à ton cœur de rester en rade, de s’amarrer une fois pour toutes au néant ? Pour des retrouvailles éternelles avec eux, ceux pour qui ton chagrin de l’absence ne s’est pas départi de sa force pendant tes années de dérive, Oh! Petite Mère Edith !

Et j’ai distribué avec passion pour Toi, Petite Mère Edith, ces quelques fleurs à l’entrée de cette église à la ferveur chagrine pour que soient jetés sur cette boîte de bois vernis ces pétales encore vivants qui allaient t’accompagner dans ton repos vers cet autre monde inconnu.
 
 
 
 
 
Dédié à ma Maman
 
 
 
 
 
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© Ema / Edith Aurengo

 

 

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