Ema / Edith Aurengo - Petites sœurs

Petites sœurs

 

 

 

Petites sœurs de ma condition !                                                    

Tombe la nuit, luit le soleil, soleil levant                                  

Vous souvenez-vous de nos jeux d’enfants ?

 

Il faut que nous y repensions souvent dans nos pensées vagabondes à cette partie de notre vie d’avant l’abandon où nous allions légères et confiantes à travers garennes et prés de printemps. Boutons d’or et marguerites étaient nos amis éclatant sous les soleils d’avril où nous ne savions pas encore l’aberrance, nos minois ignorant la souffrance, nos pieds sautant dans les flaques d’eau pour éclabousser nos illusions d’enfance.

 

Adolescentes, nos mirettes brillaient sous le khôl que nous leur mettions en cachette pour une luminance que nous voulions coquette. Nous croyions à la lueur de nos frimousses et aux lendemains qui s’ouvraient devant nous, bourgeons de nos imaginations de douces écervelées qui espéraient l’émoi. Et nous le connûmes cet émoi de nos premières étreintes ces soirs de nos envols au féminin.

 

Mais eux, les masculins pluriels guettaient comme l’aigle guette sa proie du haut de sa puissance, ils ont abrégé l’attente de l’avenir bienveillant qu’avant leur passage sur nos corps nous imaginions, pauvres corps malmenés par ces mains inconnues.

Les sarcasmes de leurs bouches hideuses nous ont avilies pour ces instants de vie abasourdie, ils ont joué à la marelle de leurs sexes tendus dans nos sexes brisés par ces kyrielles de soubresauts.


Petites sœurs de ma condition!

Tombait la pluie, luisait le soleil, soleil brûlé

 

Sur ces autres demains à l’espoir blessé qui cognait dans nos têtes à l’instar des grêlons qui dérangeaient jusqu’au murmure du vent, cet alizé qui depuis à soufflé sur nos douleurs et les a bousculées pour un meilleur oubli de ces blasphèmes à femme-enfant que nous étions alors. Petites sœurs vibrantes !

 

Et l’amour, maître de nos vies déchiquetées est revenu frapper à nos cœurs déchirés et nous avons su enfouir au grenier de nos pensées cette mémoire misérable qui nous laissait pantelantes, cette misère charnelle dont ces hommes nous avaient imprégnées,ce mal intérieur remplacé par un amour confiant.

 

Mais sur les chemins hésitants de cette vie nouvelle notre répulsion pour ces hommes bestiaux ne s’est pas départie de ces indélébiles séquelles gravées ainsi que tatouages sur peau. Et nous avons désiré, poings fermés, leurs nuits sans sommeil, leurs vies sans amour, leurs cahots dans la bouteille. Bouteille, jusqu’à la lie, empoisonnée de remords que peut-être ils connurent repensant à nos petites morts.

 

Petites sœurs de ma condition !

Dans ce monde où loup-garou font pénétrer  

Des échardes au printemps de la jeunesse

Vous toutes  comptant les étoiles d’un soir

N’oubliez pas la pleine lune d’un autre soir !

 

 

 

 

*          *

*

 

 

Tous droits réservés

© Ema / Edith Aurengo

 

 

*

 

 

Je vous invite à découvrir et à aimer la page Facebook d'Ema :

" La peau des mots emmêlée d'images"

 

 

*

 

 

3 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. masttorrod (site web) 15/10/2017

すべての https://masttorrent.com/ https://masttorrent.com/browse-torrents/ https://masttorrent.com/top100 https://masttorrent.com/latest100 https://masttorrent.com/search-cloud/ 投稿者

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.