Christophe Dessaux - Aux âmes, citoyens !

Aux âmes, citoyens !

 

 

 

Nous aurons du plaisir en pyramide et des doigts d'obélisque manucurés par un temps visagiste...

 

 

 

Premier battement d'aile, aux âmes citoyen.

 

 

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Un jour de pluie de plus, un jour de cendres,
la poussière en bandoulière et le vague à l'âme.

Assis sur un banc et puis un papillon. Etrange signe hors de son temps.

Au-dessus de moi, un catafalque renversé.
Debout les morts, quoi !


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Haut les coeurs, quoi !
D'un battement d'aile, un papillon m'a dit, oui :

'Regarde les photophores du futur et vois paraître les fruits'.

 

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Nous verrons germer au creux de nos salons, là, à nos côtes mêmes, un fruit nouveau à la pulpe vermeille, amertume arasée...

 

 


Deuxième battement d'aile, aux âmes citoyen.

 

 

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Un jour de pluie de plus et d'obligations maussades, oui.
Les tornades s'enchaînent. 

Ici l'oeil des twisters en rotations inverses, mais restons dans nos regards.


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Les ailes du papillon, au bout du banc.

Blanc.

— Frôlent ça-vent fouette de rage / regard perdu des gens stressés qui vont sans plus de buts ni de raisons vers tâches apeurées / crissent ces sons / oui ces sons crissent, sonne faux. —

Pourtant, les ailes du papillon chuchotent :

'Vois-tu donc ce thé prodigieux, religieusement versé ?'

 

 .

 

Nous goûterons en tourbillons un thé craquant, religieusement versé dans des bols de cérémonie...

 

 

 

Troisième battement d'aile, aux âmes citoyen.

 

 

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Un jour d'angoisses de plus et de haine à crocs blancs.

Mais quoi, chers enfants, remontons l'enfer à l'envers et nous verrons l'espoir, oui. 

Il aura suffi d'un battement d'aile pour chasser la grisaille, et les amoureux et les papillons squatteront de nouveau les bancs publics, délices sur fond vert, prélude aux photophores.

Deux papillons se posent sur l'épaule.
Ah ! Sourire cocasse :

'Certes ils mettront au monde des petits dieux généreux, au point limite où ils auront échoué.'

 

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Nous engendrerons dans les plis tendus d'un océan ouvert, au point limite où nous aurons échoué, des petits dieux généreux au rire rond, à la couverte de jade.
Balayées nos rides méchantes !
nous viendront à la figure d'immenses vagues de sourires cocasses...

 

 


Quatrième battement d'aile, aux âmes citoyen.

 

 

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Une fois de plus, les nuages sont lourds. Vraiment. Je les traverse en aveugle, oui.
Mais haut les coeurs, quoi. Au-delà des nuages sont les grèves où reposent nos âmes.
Il aura suffi d'un mouvement léger pour que le vent se lève et chasse la vase maussade. Nos pieds sont légers et confiants.
Respiration profonde.
Expiration retenue.
Mouvement plein et entier, mouvement gourmand.
Que diable, restons dans nos regards, citoyens !


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Où est passé le papillon ?
Tant pis.
Il nourrit ailleurs des ouragans nouveaux.
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Une bombe à la main, taguons sur les murs de nos villes ses battements d'aile, son supplément d'âme :

 

 

  

Nous aurons du plaisir en pyramide et des doigts d'obélisque manucurés par un temps visagiste.
Nous verrons germer au creux de nos salons, là, à nos côtes mêmes, un fruit nouveau à la pulpe vermeille, amertume arasée.
Nous goûterons en tourbillons un thé craquant, religieusement versé dans des bols de cérémonie.
Nous engendrerons dans les plis tendus d'un océan ouvert, au point limite où nous aurons échoué, des petits dieux généreux au rire rond, à la couverte de jade.
Balayées nos rides méchantes !
nous viendront à la figure d'immenses vagues de sourires cocasses.



Nous sonderons les taches rousses d'une grève de bord de ciel.

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......... Et la pupille de l'âme à fleur de peau.




et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.
et la pupille de l'âme à fleur de peau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour écouter la version audio de "Aux âmes, citoyens ! lu par l'auteur :

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (3)

1. AlysonHuq (site web) 09/10/2017

Oh Lord. I don't know what to do as I have tons of work to do next week semester. Plus the university exams are getting, it will be a hell. I am already being nervous maybe I should url to calm down a little bit. Hopefully it will all go well. Wish me luck.

2. christophe (site web) 09/06/2014

Merci pour votre commentaire Catherine.
Vous pointez de la «subtilité linguistique » dans mon écriture, ce qui me fait plaisir.
C’est peut-être ma façon de reprendre l’adage de Colette : « Ecrire comme personne avec les mots de tout le monde. »

3. Catherine (site web) 08/06/2014

Voilà une écriture en éveil! Ouverte et énergique, pleine de subtilité linguistique, passionnante. J'aime ce ton unique, inhabituel, loin des conventions poétiques mais fermement poétiques

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