Christophe Dessaux - Un million de LED !!!!!!!!!!!!!!!!

Un million de LED illuminent mes nuits multicolores !!!!!!!!!!!!!!!!

 

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Rouge de grès de granite froid, l’esprit des lauzes flotte sur un sol moussu de feuilles d’or. Il pousse devant lui les couleurs sans taches d’une brume de fin de jour, les chênes palissent.
De guingois, quatre piquets au bruit réduit veulent enclore l’esprit des lauzes, mais à l’arrière l’infini s’échappe.

 

           Paysage hirsute.
           Concert de branches et de brindilles acérées.
           L’horizon coupe en deux l’espace,
           Il y a un haut, il y a un bas,
           La foudre prend racine, la croix.

 

Lichens des jours gris et vent de roche, c’est bien ici l’heure des spectres, l’heure imprécise et poivrée où les grains de soleil tombent mûris de leur cosmos extatique.
Ils pèsent une plume.
Je-les-gobe-ils-explosent :

 

           Un million de LED illuminent mes nuits multicolores !!!!!!!!!!!!!!!!
           Poudre de milliwatt, poussière polychrome !!!!!!!!!!!!!!!!
           Ils sont les clous versés sur mes nuits monochromes !!!!!!!!!!!!!!!!
           Ils sont les lumignons de mes fantaisies technicolor !!!!!!!!!!!!!!!!
           Scintillants, bourgeonnants, ils sont les clignotants !!!!!!!!!!!!!!!!
           Les fers incandescents dressés au firmament !!!!!!!!!!!!!!!!
           D’un cosmos en osmose, d’un édredon de poudre d’or !!!!!!!!!!!!!!!!

 

Foi de pierre sur papier rocher, l’air du temps automatique s’abandonne près d’une flaque et pisse son impuissance à mon côté :
"J’ai,
dans la bouche,
un goût de caillou qui bouche,
une odeur de nausées en carcan.
Des relents d’impuissance, de semence en suspens.”
Suppliant, il tend vers moi une main vague :
— Donne-moi ton orgie RVB !
Je réponds : Point !
— Alors des bordées de pixels ?
Je réponds : Point !
— Donne-moi au moins une armée de points !
 Je réponds : De points, point !
— Une onde ? Une goutte ? A la fin, une bulle ?”
Je réponds rien.
Pris de compassion, j’offre un grain de soleil à l’air du temps, grain de trop de raison. Le silence de ses lumières apaise ses cicatrices intérieures.

 

Huit, trois, deux, quatre,
Huit, un, deux, cinq,
Huit, huit, six, quatre,
Je dis que les clowns verts n’en auront pas besoin.

 

 

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Note de l'auteur :

 

Photo prise à Combret, petit village de l’Aveyron près de Saint-Affrique. Ne pas confondre avec Combret, près de Nauviale.

Ce poème est né de plusieurs choses :

- Une première phrase qui me trotte dans la tête comme pour le poème « la colline endormie ». Ici, c’est la phrase « Rouge de grés de granite froid, l’esprit des lauzes flotte sur un sol moussu de feuilles d’or. » 
- Le retravail sur iphoto, de la photo prise à Combret, passée de couleur à noir et blanc.
- Le passage, le 1er janvier 2012, dans le village de Salmanac, toujours près de Saint-Affrique, village entièrement décoré de guirlandes lumineuses pour Noël. http://www.salmanac12400vabres…
- La récupération de petits bouts de poème resté dans mes fonds de tiroirs.

 

 

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Tous droits réservés

 

© Christophe Dessaux

 

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http://histoiresaucreux.tumblr.com/

 

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Commentaires (1)

1. AlysonLbu (site web) 11/10/2017

https://www.flickr.com/photos/143968294@N02/37513349752

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