Christine Millot-Conte - Fragments d'instantanés - 17e Printemps des Poètes

Fragments d'instantanés

 

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Texte publié dans le cadre du 17e Printemps des Poètes pour Variations d'une plume.

 

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C'est juste une image dans une salle de classe

Juste une classe, où des enfants, tirant la langue, s'appliquent

Quand soudain, de toutes parts surgit la menace

Fer et feu font valser loin de la cour les portiques

Des cendres, on retrouva juste des petits corps faméliques

Combien encore d'innocences sacrifiées sur le bûcher des hérétiques ?

 

C'est juste l'image d'une femme sur le quai d'une gare

Juste une gare, où se cotoient toutes les partances

Quand soudain arrive le train dans le matin blafard

La locomotive pulvérisa la femme, qui s'était jetée dans la mouvance

Des débris, on retrouva juste des oripeaux de souffrance

Combien encore d'êtres sacrifiés sur le bûcher de l'indifférence?

 

C'est juste l'image d'un homme dans une rue, la nuit

Juste une rue où sous un porche,une silhouette est tapie

Quand soudain, prestement, un couteau jaillit de son étui

La lame s'enfonce dans la chair encore et encore sans répit

Figé dans le hasard, on retrouva juste un corps ensanglanté sans vie

Combien encore d'hommes sacrifiés sur le bûcher de la xénophobie ?

 

Souffrance, indifférence, intolérance

Combien encore de sang versé dans la violence ?

Turpitude, multitude, solitude

Combien encore de vies brisées par l'habitude ?

 

Instantanés, bribes d'existences fauchées

vite oubliées par le dernier scoop télévisé.

 

 

 

 

 

 

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Tous droits réservés

 

© Christine Millot-Conte

2 septembre 2014

 

 

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