Christophe Dessaux - La colline endormie

La colline endormie

 

Tumblr inline mgy052ls8o1r4xhgr

Composition minéral/végétal qui se trouve dans le jardin anglais de Lost Gardens of Heligan

 

*

 

 

C’est un chemin bleu bordé de fossés profonds où coule une bruyère, 
un chemin creux où le mollet blond plonge à fleur de flaque.
Un chemin oublieux qui fuit de toutes parts et laisse s’échapper les regrets qui encombrent,
dans les fossés profonds où coule le cresson.
Un chemin d’odeurs au goût de madeleine,
un chemin de Saint-Jacques à suivre en pèlerin
jusqu’au bout de soi-même, là-haut sur la colline.


C’est une colline endormie aux contours féminins,
aux contours caressés par une herbe qui chante et des brindilles qui sifflent sous la mitraille du vent.
Une colline couchée sur un lit de verdure,
respire par le ventre, respire a capella,
une colline signée par le chemin bleu 
bordé de fossés profonds où mon ego se déshabille.

J’ai coulé mes doigts dans le creux de tes mains,
j’ai coulé mes yeux dans tes yeux à nous deux,
j’ai coulé mon pas dans celui de tes reins,
et nous avons laissé,
dans les fossés profonds où sombrent nos frissons,
la pudeur d’être deux, la peur d’être heureux et les bleus à nos coeurs.
Paisibles et rayonnants, nous offrons au soleil une concurrence loyale, 
et d’un mollet blond qui plonge à fleur de flaque,
nous lions nos foulées vers la colline couchée.

Là-haut sur la colline,
nous arrêtons nos pas au bout du chemin bleu et nous stoppons net au bord du précipice.
Nous déployons nos ailes à la barbe du vent,
nous ébrouons nos sens sur le sol musical et le chant de nos corps vaut bien celui de l’herbe.
J’ai calqué mon souffle sur celui de tes hanches,
j’ai collé mon ventre au creux de ton bassin,
j’ai cloué tes mains aux clous de mes doigts et ne les ai lâchées qu’après nos tremblements.

Sur la colline endormie, nous voilà maintenant, deux cœurs apaisés à son côté droit.

 

 

*

 

Note de l'auteur :

 

J’ai écrit ce poème à partir d’une phrase qui me trottait dans la tête : « C’est un chemin bleu bordé de fossés profonds où coule une bruyère. » Puis, j’ai décidé d’en faire un hommage au sublime poème « Le dormeur du val » de Rimbaud, tout en prenant le contre-pied de ce dernier. J’ai fait de mon poème, un poème de vie.

 

 

*          *

*

 

Tous droits réservés

© Christophe Dessaux

 

*          *

*

 

Pour découvrir l'univers des mots de Christophe Dessaux, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

http://histoiresaucreux.tumblr.com/

 

*

 

 

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (1)

1. Gabrielle 25/05/2014

c'est beau, un poème de vie

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×