Marcel Faure - Convocation

Marcel Faure - Convocation

J'ai le plaisir de vous annoncer une nouvelle arrivée sur Variations d'une plume, Marcel Faure, Poète à la plume qui danse...

Pour l'accueillir dans les pages de Variations d'une plume, voici un très joli texte de présentation :

                                              Je n'ai rien inventé 

Je n'ai rien inventé qu'un poète n'ait dit.

La chaleur de l'été, le rire d'un ami,

Des cheveux galopant à vitesse du vent,

Le fleuve paisible, la fronde du torrent,

Les lunes de Pierrot, les courses au trésor,

Je n'ai rien inventé et tu t'inventes encor.

 

Je n'ai rien inventé qu'un poète n'ait dit.

L'ivresse de l'été, le rêve qui nourrit,

La peine d'aujourd'hui et l'espoir de demain,

Le courage des mots, la fatigue des mains,

La marche des vivants, le souvenir des morts,

Je n'ai rien inventé et tu t'inventes encor.

 

Je n'ai rien inventé qu'un poète n'ait dit.

Clamer des vérités contre des interdits,

Gommer les blessures que nous laissent les ans,

Goûter tous les plaisirs et savourer l'instant,

Tout à recommencer, être si loin du port,

Je n'ai rien inventé et tu t'inventes encor.

 

Je n'ai rien inventé et tu t'inventes encor.

Quand le soleil se noie, tu dénudes ton corps,

Et je plonge avec toi par-dessus l'horizon,

Dans un château hanté de tes mille démons.

Et j'ai si peu de mains; ah que je sois maudit !

Je n'ai rien inventé qu'un poète n'ait dit.

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Tous droits réservés

Marcel Faure

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Pour son arrivée sur Variations d'une plume il nous offre un superbe texte  "Convocation" :

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Extrait :

 Il y avait là, Ferrat tout juste arrivé, devisant avec son cher Aragon. Villon, songeur, triturait un bout de corde. Lamartine, assis sur une pierre à coté de son siège, plongeait les yeux au plus profond d'un lac. Verlaine et Rimbaud se chiffonnaient un mot comme des chiffonniers. Desnos, Eluard, Arnaud, Reverdy, Ponge et Soupault tenaient conciliabule sur je ne sais quel manifeste. Péguy, carte Michelin à la main, étudiait la route de Chartres. Les poétesses prenaient ensemble un thé autour de Louise de Vilmorin.

     J'étais comme une armoire verrouillée de l'intérieur. Levant les yeux, j'aperçu un trône ou siégeait la Langue Française. Des rivières de mots coulaient de ses doigts. Je m'abandonnai dans ce courant me délectant de leurs chairs. Un soleil assis sur un arbre éclairait la pièce. J'étais bel et bien convoqué et non pas invité. On me faisait poireauter pour insister sur mon insignifiance.

Pour lire convocation, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

Marcel Faure - Convocation